Les travailleurs expérimentés ont-ils une date d’expiration?

Dans ma pratique professionnelle, j’ai eu l’occasion d’accompagner un bon nombre d’individus en recherche d’emploi, dont plusieurs travailleurs « expérimentés ». De façon très généralisée, une crainte commune les habite : ne pas être embauché à cause de leur âge. De là découle la fameuse question : « les travailleurs expérimentés ont-ils une date d’expiration? » Voici donc quelques informations à ce sujet.

Quelques faits relatifs au marché du travail

Fait no1 : Le marché du travail connaît actuellement une pénurie de main-d’œuvre et les PME ont de la difficulté à recruter de la main-d’œuvre spécialisée.

Fait no2 : Le marché du travail a beaucoup évolué ces dernières décennies. En outre, on peut observer que les travailleurs âgés de 55 ans et plus occupent une proportion importante de la population active. En référence aux statistiques publiées en mars 2018 par l’Institut de la statistique du Québec, on apprend que le nombre de ces derniers a connu une forte hausse en 2017 (+45 700) comparativement à 2016. Également, on peut lire qu’en 2017, la part des 55 ans et plus (20,6 %) en emploi est plus élevée que celle des jeunes de 15 à 24 ans (13,0 %).

Fait no3 : Selon les statistiques fournies par Emploi-Québec, 722 000 emplois seront à pourvoir au Québec par de la nouvelle main-d’œuvre de 2015 à 2019. Toujours selon cette même source d’information, les personnes de 65 ans ou plus répondront à ce besoin avec une proportion de 5 %! Eh oui! Certains individus continuent de travailler même si, financièrement, ils ont la possibilité de se retirer. Dans ma pratique professionnelle, j’ai croisé un bon nombre de gens dans cette situation. Toutes sortes de raisons peuvent expliquer un tel choix, mais ce qui revient le plus souvent, c’est qu’ils ont tout simplement envie de continuer de travailler, l’ennui étant un enjeu important à la retraite.

Conclusion : Visiblement, les travailleurs expérimentés ont leur place dans le marché du travail!

Des pensées et des croyances en lien avec l’âge

« Les employeurs ne veulent pas engager les travailleurs expérimentés. »

« Étant donné qu’il me reste seulement quelques années avant ma retraite, je ne serai pas engagé. »

 « Les employeurs préfèrent recruter des jeunes. »

Voilà des phrases que j’entends régulièrement et pourtant, ce sont des croyances qui, la plupart du temps, sont erronées. Si vous pensez qu’un employeur aurait avantage à recruter un jeune, détrompez-vous! Embaucher un jeune dans la vingtaine ou la trentaine n’est pas un gage de stabilité à long terme pour une entreprise. En effet, ces derniers, étant au tout début de leur parcours professionnel, sont ambitieux et veulent progresser dans leur carrière. De plus, s’ils ont la possibilité d’améliorer leurs conditions de travail, les jeunes n’auront aucune hésitation à changer d’employeur après quelques années seulement.

Une question de perception

Et si vous changiez vos pensées et votre discours intérieur? Pensez plutôt à ce que vous avez à offrir! Le bagage d’expérience et toute la richesse que cela apporte, la maturité, la sagesse, l’autonomie, le transfert de vos connaissances avec vos futurs collègues, voilà tout ce que vous pouvez offrir, et plus encore!

Si vous réussissez à réellement modifier votre perception de vous-même, c’est à ce moment-là que vous verrez concrètement les changements s’opérer. Votre confiance en vous va s’accroître et l’énergie que vous dégagerez en entrevue d’embauche sera différente.

Pour terminer, sachez que nos conseillers en emploi sont expérimentés et formés pour accompagner les individus en période de recherche d’emploi. N’hésitez pas à nous contacter si vous voulez de plus amples informations au sujet de nos services, tels que Destination Emploi et Transition-Emploi 50 ans et plus.

 

Partir de soi

Mon rôle comme conseillère d’orientation chez CIBLE-EMPLOI consiste à aider les gens à valider ou à trouver un projet alors qu’ils ont manifesté l’intérêt d’effectuer un retour en formation. Dans le cadre de mon travail, il m’arrive souvent de voir des gens qui sont pressés de faire un choix ou qui souhaitent avoir rapidement une liste de formations et choisir parmi celles-ci.

C’est un réflexe de base et c’est humain de vouloir trouver ses réponses rapidement. Toutefois, un temps d’arrêt, qu’il soit de courte ou de longue durée, peut être nécessaire afin de se recentrer sur soi, sur ses intérêts, sa personnalité, ses valeurs, ses besoins, etc. Je vois le tout comme le fait de fixer ses fondations afin que la construction soit solide et tienne le coup lors de secousses, si petites ou grandes soient-elles.

Plus vos bases seront claires et plus vous connaîtrez ce qui est important et intéressant pour vous, plus vous tendrez à aller chercher un environnement et un travail qui vous ressemble et qui vous représente. Ainsi, les satisfactions seront plus fréquentes que les insatisfactions, que les conflits, etc.

C’est pourquoi j’aime si merveilleusement mon métier. Voir devant moi se construire des fondations et voir l’éclat dans les yeux lorsqu’un projet prend forme me comble à chaque fois. Mais… ce n’est pas magique! C’est souvent après avoir travaillé, exploré et peut-être même s’être perdu qu’à un moment une idée germe. Pour certains, arriver à ce point se fait plus facilement que pour d’autres. Un fruit peut avoir mûri depuis longtemps avant d’être prêt à être cueilli. Pour d’autres, les bourgeons commencent tout juste. À chacun son rythme!

Mélanie Charest, Conseillère d’orientation

450 473-1842

Choisir d’apprendre

Par Isabelle Rosso

Enseignante à la formation préparatoire aux TENS

 

En général, l’acte d’apprendre est associé à une salle de classe et à un enseignant transmettant une matière. Pourtant, les occasions d’apprendre sont partout. Mais cela demande une prise de conscience et une certaine introspection. Qu’aurait-on avantage à améliorer? Comment rester à jour dans ses connaissances professionnelles? Qui est en mesure de nous y aider? Développez votre curiosité, posez des questions!

On a tout intérêt à toujours rester en mode « formation continue ». En effet, le monde du travail évolue rapidement, et pour demeurer intéressant pour un employeur, il faut non seulement garder ses compétences à jour, mais aussi en développer de nouvelles.

L’apprentissage à 7 ou à 47 ans

La première chose à faire lorsqu’on décide de se perfectionner est de déterminer exactement pourquoi on veut ou pourquoi on doit acquérir de nouvelles compétences ou de nouvelles connaissances. En effet, chez l’adulte, l’apprentissage est bien différent de chez l’enfant. À huit, dix ou treize ans, on ne se pose pas de questions. La normalité des choses, c’est d’aller à l’école et de faire ce que nous demande le professeur. Devenu adulte, cela ne suffit plus; pour assimiler l’information, il faut avoir un objectif : « À quoi me servira cette formation? Pourquoi mettre des efforts dans ce projet? » Pour s’engager, il faut pouvoir relier ce que l’on s’apprête à apprendre avec quelque chose de concret.

Si vous êtes l’initiateur de votre projet de formation ou de perfectionnement, l’objectif est évidemment clair : « Je vais apprendre à parler anglais, car pour le poste que je vise dans l’entreprise, c’est un critère obligatoire. » La motivation devrait être au rendez-vous. Par contre, si on vous impose de suivre un cours ou d’apprendre de nouvelles tâches, la motivation sera bien différente : « On m’oblige à suivre un cours de mise à niveau sur Excel, mais je ne m’en sers pas… »

Dans ces conditions, l’apprentissage s’annonce ardu. Rattachez chaque opportunité d’apprentissage à un objectif concret, c’est seulement de cette façon que le temps passé en classe ou en coaching se traduira efficacement en de nouvelles compétences/connaissances. « Bon, pour l’instant je ne m’en sers pas au travail, par contre, je pourrais commencer à l’utiliser à la maison pour préparer mon budget. » Un apprentissage qui n’est pas mis en pratique sera vite oublié

Les professeurs ne sont pas tous enseignants!

Apprendre, ça ne se fait pas qu’avec un professeur. Évidemment, dans un contexte de retour à l’école, l’apprentissage passe nécessairement par l’enseignant. Mais si on suit un cours à distance, que l’on apprend une nouvelle tâche au travail ou que l’on développe une nouvelle passion, les professeurs peuvent être la famille, les amis, les collègues de travail, un voisin… Les occasions d’apprendre sont partout. Il suffit de poser des questions, de s’intéresser aux autres, d’être curieux, ouvert et proactif.

Il ne faut pas oublier Internet, qui regorge d’informations. Toutefois, le danger est de se fier à tout ce qu’on y trouve, alors que n’importe qui peut publier n’importe quoi. C’est bien d’aller chercher sur le web, mais c’est encore mieux de pouvoir échanger avec de vraies personnes!

Enfin, vous êtes votre meilleur professeur. Pour maximiser les apprentissages, il faut vous connaître. Quels sont vos intérêts, quel type de personnalité avez-vous, quel type d’apprenant êtes-vous? Un auditif aura avantage à répéter les concepts à haute voix lorsqu’il les révise, un visuel peut plus facilement retenir l’information qu’il retranscrit, un kinesthésique a besoin de toucher, de se représenter les choses pour les assimiler.

Surtout, faites le bilan de temps à autre de tout ce que vous avez appris depuis que vous êtes sur le marché du travail, de tout ce que vous êtes capable de faire, de ce que vous souhaitez pour l’avenir : l’adéquation de tout ça vous donnera peut-être des pistes de ce que vous avez intérêt à développer comme habiletés pour continuer à vous épanouir. Vous avez peut-être déjà tout ce qu’il faut; dans le cas contraire, vous pouvez combler les lacunes qui vous empêchent d’avancer, il suffit d’avoir un objectif clair et réaliste!

À vos marques, prêts, apprenez!

En résumé, il faut retenir que les possibilités d’apprendre ne se limitent pas à un cours en classe. Si vous voulez vous développer,  acquérir de nouvelles connaissances, améliorer vos compétences, vous devez faire un plan d’action qui commence par fixer un objectif précis et qui soit réaliste :

  • Quel aspect souhaitez-vous améliorer et pourquoi?
  • Quelle énergie êtes-vous prêt à y mettre?
  • Qui peut vous aider à mettre en pratique les connaissances acquises?
  • Souhaitez-vous apprendre de façon autodidacte ou par le biais d’une institution scolaire?

Surtout, restez ouvert et provoquez les occasions d’apprendre. Peut-être qu’en ce moment tout va bien, mais qui sait demain ce qui pourrait arriver? Plus vous cultiverez vos compétences, moins le choc sera grand dans l’éventualité d’un changement de cap non prévu…

Si jamais vous vous retrouvez dans cette situation et que vous avez besoin d’un coup de pouce pour repartir dans la bonne direction, des ressources existent pour vous accompagner. Que ce soit pour remettre un CV à jour, réapprendre les techniques d’entrevue, passer une équivalence de 5e secondaire, s’initier à l’informatique, Cible-Emploi peut vous apporter beaucoup, sur le plan humain et sur la connaissance de soi, question de faire le bilan de tout ce que vous savez déjà et de ce qui vous manque peut-être pour aller de l’avant!